Vêtements de grossesse d’occasion, la méfiance est-elle la règle ?

vêtement grossesse occasion

Bien évidemment en tant que fabricant et distributeur de vêtements de grossesse et de maternité, chacun pourrait penser que Balloon Paris est opposé à l’idée de voir sa clientèle délaisser son site et ses boutiques pour se tourner vers le dépôt-vente ou les petites annonces de vêtements de seconde main. Mais nous avons voulu savoir et nous nous sommes penchés sur les études qui expliquaient pourquoi les consommateurs en général sont freinés par un achat d’occasion et de surcroît quels achats d’occasion étaient faits en attendant bébé. 

La qualité avant tout pour l’enfant à naître

C’est pourtant sur le marché des meubles et équipements pour bébé que le marché de l’occasion pourrait être le plus vaste. Le mobilier, les accessoires, poussettes, tables à langer etc. n’ont qu’une utilité limitée en fonction de la croissance de bébé. Ces accessoires, meubles et équipements seront rapidement obsolètes alors que leur durée de vie est encore longue. Etre tenté de les revendre est une excellente opportunité ; sauf que les achats sont rares en dehors du cercle intime. En cause, un manque de confiance sur l’origine, l’entretien et surtout l’hygiène.

Que ce soit pour son bébé ou pour elle, la femme enceinte (mais aussi le père) veut le meilleur ou tout au moins le plus sain sans concession aucune quant aux risques d’immiscer des germes et maladies au sein du foyer. A cet effet, il a été reconnu que les peluches vendues en grands magasins avaient bien plus de succès en nombre de ventes quand elles étaient emballées sous sachet hermétique que disposées en vrac dans des bacs accessibles à tous. Qui dit peluche pense forcément doudou avec comme corollaire, contact facial et parfois (le plus souvent en fait) mise en bouche par l’enfant.

L’intimité du contact attendu, que ce soit entre une peluche et l’enfant ou entre le corps de la femme et ses vêtements, impose des précautions en matière d’hygiène que l’achat d’occasion ne permet pas toujours (le neuf parfois non plus en grandes surfaces).

Pourquoi acheter d’occasion ?

L’achat d’occasion a fait l’objet de plusieurs travaux de recherche, qui se sont surtout attachés à comprendre les motivations positives à acheter d’occasion. Selon ces recherches il a été déduit des motivations économiques (dues au prix réduit d’articles de seconde-main), des motivations hédonistes à acheter d’occasion (circuits communautaires et/ou équitables), des motivations à critiquer le système ainsi qu’une dimension récréative dans le jeu de chasse au trésor (l’affaire à ne pas manquer).

Les travaux de Roux et Guiot (2008) ont démontré que toutes ces motivations sont interdépendantes et s’appliquent de manière générale à l’ensemble des circuits et produits d’occasion, quel que soit le produit, vêtement, accessoire, mobilier…

Les réticences à l’achat d’occasion

Il existe peu d’études sur les réticences à l’achat d’occasion et les seules accessibles portent justement sur l’achat de vêtements d’occasion. Selon les études disponibles (Roux, Bauer) il a été constaté que le risque perçu pour un achat d’occasion présente les six dimensions identifiées dans la littérature. Ces 6 dimensions de risque sont le risque financier, fonctionnel, physique, social, psychologique et temporel. De plus, les recherches spécifiques à l’achat de vêtements mentionnent plusieurs raisons de ne pas acheter d’occasion qui suggèrent des freins divers envers cette forme d’achat. En premier frein, la considération des vêtements d’occasion comme sales voire contagieux (Steinbring et Rucker, 2003 ; Hiller Connel, 2009 ; Roux et Korchia, 2006). La motivation de sécurité (Maslow, 1943) semble prédominante dans le rejet de cette forme d’achat. Ensuite, des freins utilitaires se présentent à l’achat d’occasion et notamment par rapport au temps et à l’énergie dépensés pour dénicher le bon vêtement (taille, état, coloris...) en occasion alors que celui-ci est immédiatement accessible en neuf surtout que plusieurs auteurs mentionnent le rejet des vêtements d’occasion car ceux-ci sont usés ou démodés et proposés à des prix souvent proches des prix du neuf en promotion (O’Reilly & al., 1984 ; Steinbring et Rucker, 2003 ; Hiller Connel, 2009).

Grâce à ces études nous comprenons mieux pourquoi les vêtements en général et les vêtements de grossesse en particulier ne trouvent que difficilement preneurs sur le marché de l’occasion. Par contre, nous apprécions les témoignages de nos clientes ayant offert à leurs proches de nos vêtements qu’elles s’étaient achetés pour elles saluant leur qualité et leur tenue aussi bien dans le maintien que dans l’allure et dans le temps.

Source : Marjolaine Bezançon. Pourquoi les consommateurs n’achètent-ils pas d’occasion ? Une analyse exploratoire. 28`eme Congrès International de l’Association Française du Marketing, May 2012, Brest, France. pp.S27-3, 2012.